Actualité du 24 Janvier 2018

Delegation chinoise qui visite la maison autonome ave

« Ce n’est pas exceptionnel de voir ça en Creuse ? ». Le concepteur de la maison passive Avenidor d’Ahun (au centre de la Creuse) accueillait jeudi une délégation de six Chinois. « Ils travaillent dans une grande société d’État. Ils ont donc de grandes responsabilités. C’est un peu comme si c’était des ministres. »

En contact avec cette fameuse délégation depuis deux ans, c’était la première fois que le concepteur de la maison 100 % autonome pouvait présenter le prototype à ses potentiels futurs clients. Ces derniers ont passé plusieurs heures à visiter la maison avec les explications des capacités techniques. « Le local technique en sous-sol est très grand mais c’est seulement à des fins pédagogiques. Pour expliquer plus facilement, prévient Steven. Sinon, ça peut tenir dans un placard. »

Au-dessus des attentes

La montagne maison passive vmc

Tout au long de la visite, les cinq membres de la délégation se sont arrêtés sur plusieurs détails pour discuter, poser des questions à travers l’interprète. Ils paraissaient régulièrement décontenancés par la technologie proposée par la maison d’Ahun. « J’ai eu l’impression que ce qu’on propose dépasse largement leurs attentes, précise Steven. Par exemple pour les eaux usées que l’on filtre nous-même, ils n’ont pas connaissance de cette technologie. »

C’est d’ailleurs ce point qui a valu la discussion la plus enflammée entre les membres de la délégation pour tenter de comprendre le processus de filtrage des eaux usées, qui peuvent ensuite être rejetées dans les points d’eaux aux alentours.
Lorsque vient la question de la possibilité d’installer une climatisation, Steven Kaszuba balaye d’un revers de main. « C’est possible bien sûr, mais ça ne servirait à rien. Pour prendre un exemple concret, c’est comme si vous mettiez des ailes sur vos voitures. » 

Steven n’a pas hésité à poser ses conditions pour une éventuelle collaboration. Si jamais la délégation chinoise est intéressée par le prototype, Avenidor doit s’occuper du projet de A à Z.

Pas destiné qu’au marché chinois

« Notre objectif n’est pas de faire une passoire thermique, précise-t-il. Nous devons étudier toutes les possibilités, voir le terrain où pourrait être implantée la maison et imaginer plusieurs scénarios possibles sur le long terme. Si un immeuble s’installe quelques années plus tard à côté de la maison, il peut par exemple obstruer la lumière du soleil et la maison ne fonctionnerait plus. »

Maison Passive Avenidor

L’aspect extérieur de la maison, bleue avec des colombages en imitation bois a été pensé pour le marché chinois. « On voulait montrer qu’on n’est pas obligé d’avoir une maison tout en baies vitrées si elle est autonome, explique Steven. On a voulu reproduire l’aspect des maisons de Colmar car les Chinois voudraient reproduire un village de ce type. Mais on peut lui donner l’apparence que l’on veut. »

Le projet de maison autonome porté par Avenidor n’est cependant pas destiné qu’au marché chinois. « Les premiers clients intéressés sont en France. Nous voulons toucher le marché européen. Mais si on peut parvenir à démocratiser ces maisons responsables pour l’environnement dans le monde, on ne se gênera pas. On essaie de pénétrer plusieurs marchés en même temps. » 

Biosourcer, le futur projet ? La maison autonome visitée par la délégation chinoise sera complètement opérationnelle au mois d’avril, date de l’inauguration officielle. En parallèle, Avenidor travaille sur des prototypes de maisons autonomes biosourcées. « Si on parvient à réaliser une maison avec les mêmes performances que la maison Avenidor tout en étant complètement biosourcée, on aura réussi un beau challenge. »

Romain Conversin

Source : https://www.lamontagne.fr/