Actualité du 09 Avril 2018

C'est un prototype unique en son genre, en France comme à l'étranger. À première vue, Avenidor – "avenir" en patois creusois – ressemble à une grande villa alsacienne en pleine forêt d'Ahun, dans la Creuse. Perdue en pleine campagne, elle pourrait pourtant bien être la maison du futur. Cette habitation est en effet la première au monde à être à la fois totalement autonome et à avoir reçu le label "Bâtiment Passive Premium", le plus haut en matière d'économie d'énergie.

Chauffage, électricité, eau et internet : la maison Avenidor est l'une des rares à fonctionner en circuit totalement fermé, c'est-à-dire sans aucune dépendance à un réseau extérieur. Sortie de terre fin 2017, elle produit seule l'énergie dont elle a besoin, et consomme très peu en parallèle.

Des murs très isolants — au moyen de béton cellulaire notamment — permettent à cette maison de 252 m2 de s'en passer totalement. "Les parois vitrées vont servir de chauffage, via les apports solaires", poursuit le jeune cofondateur. Un système de ventilation recycle ensuite toute chaleur émise dans la maison (y compris la chaleur corporelle) pour mieux la chauffer.

Quant à l'électricité, elle est produite uniquement grâce à un champ de panneaux solaires et à l'étang situé à ses pieds. Un effet de réverbération des rayons du soleil sur l'eau permet aux panneaux de capter davantage de lumière, et ainsi de produire plus d'énergie. Pour l'eau, Avenidor peut une nouvelle fois compter sur son terrain : toute l'eau de la maison provient de la nappe phréatique située 15 m en dessous de l'habitation. Cette eau est assainie grâce à un local de potabilisation bâti derrière la maison et, une fois usée, traitée via une micro-station d'épuration.

Et pour internet ? Une nouvelle fois, aucun réseau n'est nécessaire. La 4G y est "amplifiée", puis redistribuée dans la maison en tant que réseau wi-fi. Cette bâtisse, encore au stade de prototype, coûterait environ 500 000 euros, soit 2 000 euros le m² si elle était mise en vente. Et ce, sans compter les installations permettant une autonomie complète. Pour cela, "il faut entre 50 000 et 70 000 euros [en plus], selon le terrain", précise Steve Kaszuba. "C’est un budget non-négligeable, on est d’accord", reconnaît le jeune homme, qui souhaite surtout "dire aux gens que ça fonctionne et comment ça fonctionne".

Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/
Journaliste : Valentine Pasquesoone